Comment faciliter l’expression des désaccords en entreprise ?

dans Communication,Mieux avec les autres,Mieux avec soi-même

Vous êtes en réunion de service, assis autour d’une table avec d’autres participants, face à vous un responsable qui tient des propos avec lesquels vous n’êtes pas en harmonie. Regardant l’assemblée, il interroge :

« Quelqu’un a-t-il un commentaire à faire par rapport à ce que je viens de dire ? »

Rapide coup d’œil circulaire…

« Personne… ?  Parfait ! »

J’imagine qu’à l’instar de beaucoup d’entre-nous il vous est arrivé de ne pas prendre la parole alors que vous pouviez le faire. Et pourtant…l’envie de vous manifester vous tenaillait, vous étiez sur le point de réagir, de manifester votre désaccord, mais vous êtes demeuré silencieux.

Cependant, vous n’êtes pas timide, vous avez une opinion, et vous savez vous exprimer.

Comment vous êtes-vous senti au fond de vous sur le moment, puis après la réunion, et peut-être même quelques jours après cette occasion ratée ?

Probablement insatisfait de vous-même et une estime de soi en baisse…

Mais alors quel est le mécanisme qui a bloqué votre parole au cours de cette réunion ?

J’ai observé que dans une entreprise deux facteurs participent à la qualité de l’expression en groupe :

1)   La personnalité du dirigeant ou du manager.

Soit celui-ci est un vrai communicateur qui libère un espace de parole, et sait écouter les opinions contraires avec une réelle ouverture d’esprit.

Soit il prétend être un homme de dialogue, mais il applique à l’opposant une stratégie d’isolement, allant parfois jusqu’à le ridiculiser, brisant inexorablement toute tentative de débat contradictoire sans se soucier des frustrations qu’ils génèrent.

2)   Le groupe.

Lorsqu’un groupe est uni, compact, solidaire, chaque membre, se sachant soutenu, possède alors le courage d’exprimer librement ses opinions, sans craindre ni le ridicule, ni la mise au ban.

En revanche, dans un groupe où chaque individu sent qu’il ne sera pas soutenu par les autres aura tendance à se fondre dans la masse, à se taire, et accepter avec le reste du groupe ce qui ne lui convient pas individuellement.

Le pire, c’est que chaque membre du groupe peut être dans ce cas (c’est le fameux paradoxe d’Abilene), c’est-à-dire que chaque participant pris à part n’est pas satisfait de la situation, mais n’ose pas se manifester par crainte d’isolement, créant ainsi une véritable bombe à retardement pour l’entreprise.

Quand la parole n’est pas libérée, quand tous les ressentis négatifs n’ont pas été dit, il faut s’attendre à ce qu’ils remontent à la surface d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard. Cela arrive sous divers aspects : par des conflits, perte de  motivation, absentéisme, diminution de productivité, ou démissions à répétition, le tout accompagné bien entendu de conséquences économiques négatives.

A l’inverse, quand les deux facteurs se combinent positivement, c’est-à-dire lorsqu’un dirigeant ouvert et non manipulateur est avec un groupe solidaire et bienveillant, les échanges sont le plus souvent très productifs pour la bonne marche et le climat social de l’entreprise.

Il est donc évident que le dirigeant a tout à gagner à savoir écouter et à faciliter l’expression de son équipe. Avec la pleine et entière adhésion de celle-ci les résultats positifs ne se font pas attendre !

Que vous soyez responsable ou collaborateur, que pouvez-vous faire à votre niveau pour améliorer les choses ?

Facilitez-vous l’expression des autres avec honnêteté et bienveillance ?

Êtes-vous bien en harmonie avec vos valeurs si vous n’autorisez pas la contradiction ?

Lorsque vos collègues expriment à votre place ce que vous pensez,  les soutenez-vous suffisamment ?

Alors que vous êtes en désaccord, êtes-vous bien en harmonie avec vos valeurs si vous vous taisez passivement  ?

A l’échelle d’un pays, on retrouve le même mécanisme, parce qu’ils n’ont pas pu s’exprimer librement et sereinement, et par manque de solidarité avec les opposants au régime en place, observez avec quelle violence les peuples finissent par se soulever…

« N’est-il pas étrange de nous voir défendre nos erreurs plus farouchement que nos valeurs ? » Khalil Gibran

Ange Ménec

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